Si l’Angola affiche des avancées remarquables dans le domaine des télécommunications et du numérique, la réglementation du secteur demeure l’un des principaux défis à relever pour accélérer la transformation digitale du pays. C’est le constat dressé par le ministre angolais des Télécommunications, des Technologies de l’information et de la Communication sociale (MINTTICS), Mário Oliveira, lors de la sixième édition du Forum international des technologies de l’information et de la communication (ANGOTIC 2026), organisée du 11 au 13 juin à Luanda.
« La réglementation du secteur technologique angolais constitue un défi pour la transformation numérique », a déclaré le ministre, soulignant que les perceptions, les intérêts et les attentes parfois divergents des différents acteurs rendent complexe l’élaboration d’un cadre réglementaire capable d’accompagner l’essor de l’économie numérique.
Face à ces enjeux, le gouvernement angolais entend renforcer son arsenal juridique à travers plusieurs textes structurants. Mário Oliveira a notamment évoqué la future loi sur la cybersécurité, la stratégie nationale de cybersécurité, la création du Conseil national de la cybersécurité, la loi contre la désinformation sur Internet, ainsi qu’un projet de loi sur l’intelligence artificielle. S’y ajoutent les dispositifs relatifs aux infrastructures à clés publiques et à l’horodatage numérique, destinés à sécuriser les échanges électroniques.
Le ministre a également insisté sur la nécessité d’adopter des mesures réglementaires favorisant une concurrence effective entre opérateurs, une meilleure protection des consommateurs et un environnement propice aux investissements dans les infrastructures numériques.
Une mutation qui touche également les médias
La révolution numérique en cours n’épargne pas le secteur médiatique. Selon Mário Oliveira, la modernisation technologique engagée au sein de la Télévision publique d’Angola (TPA) et de la Radio nationale d’Angola (RNA) constitue une première étape avant l’extension de cette transformation à l’ensemble des médias publics du pays.
Sur le plan régional, Luanda entend consolider son rôle au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Le ministre a cité parmi les projets stratégiques le satellite partagé de la SADC, dans lequel le Groupe de gestion du projet et d’ingénierie des réseaux (GGPEN), sous coordination angolaise, joue un rôle majeur. Une initiative qui renforce le positionnement de l’Angola comme acteur technologique de premier plan dans la région.
Plus de 28 millions d’abonnés mobiles
Les performances du secteur témoignent, selon le ministre, de la pertinence des choix technologiques opérés ces dernières années. L’Angola a franchi la barre des 28 millions d’abonnés à la téléphonie mobile, marquant une progression significative dans l’universalisation de l’accès aux services de communications électroniques.
La connectivité numérique poursuit également son expansion. Le nombre d’utilisateurs d’Internet dépasse désormais les 18 millions, correspondant à un taux de pénétration de 48 %. Le marché de la télévision payante compte, quant à lui, plus de deux millions d’abonnements actifs.
Le gouvernement mise également sur le développement du capital humain. Plus de 7 000 techniciens ont déjà obtenu des certifications dans les domaines des télécommunications, des infrastructures réseaux, des centres de données et de la cybersécurité. Parallèlement, près de 4 000 professionnels des médias ont été formés par le Centre de formation des journalistes sur diverses thématiques liées aux mutations du secteur.
Une coopération numérique renforcée avec la SADC
Mário Oliveira a insisté sur la dimension régionale de cette dynamique, affirmant que les progrès réalisés par l’Angola dépassent les frontières nationales.
« Nous entretenons une coopération étroite avec les pays africains, notamment ceux de la SADC, sur des projets contribuant à la transformation numérique du continent. Cette coopération a permis de renforcer le développement de notre région et de l’Afrique en général», a-t-il déclaré.
La sixième édition d’ANGOTIC a confirmé l’attra-ctivité croissante du rendez-vous technologique angolais. Plus de 34 000 visiteurs y ont pris part, soit une hausse de 88 % par rapport à l’édition précédente.
Parmi les invités de marque figurait le ministre congolais des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu. Accompagné du président du conseil d’administration de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), Christian Katende Mukinayi, ainsi que de plusieurs responsables du secteur, il a mis en avant le renforcement de l’intégration numérique et de la coopération technologique entre la République démocratique du Congo et l’Angola.
À travers ANGOTIC 2026, Luanda confirme ainsi son ambition de s’imposer comme l’un des principaux pôles de l’économie numérique en Afrique australe, tout en faisant de la réglementation et de la coopération régionale les piliers de sa transformation digitale.
La Rédaction