L’article récemment consacré à l’Office national des transports (ONATRA) présente la gestion de Martin Lukusa sous un jour particulièrement favorable et appelle le chef de l’État à soustraire l’entreprise au processus de sélection des mandataires publics. Une position qui soulève pourtant une question essentielle : pourquoi vouloir écarter l’ONATRA d’une procédure censée permettre à l’État d’évaluer les compétences et les performances des dirigeants des entreprises publiques ?
Les réalisations mises en avant dans les secteurs ferroviaire, fluvial et portuaire peuvent naturellement être reconnues. Mais elles ne sauraient, à elles seules, constituer un passe-droit pour éviter une évaluation. La gestion d’une entreprise publique doit être appréciée sur la base de résultats vérifiables, notamment sa situation financière, ses performances opérationnelles, la qualité de ses services et les conditions sociales de ses travailleurs.
Un bilan qui mérite d’être confronté à la réalité
Présenter Martin Lukusa comme le seul garant de la renaissance de l’ONATRA paraît excessif. L’entreprise appartient à l’État congolais et non à son directeur général. Son avenir doit donc être déterminé par l’intérêt général, la bonne gouvernance et la recherche permanente de la performance.
Les revendications exprimées par des travailleurs et leurs représentants montrent d’ailleurs que tout n’est pas réglé au sein de l’entreprise. Les questions liées aux rémunérations, aux conditions de travail et aux droits sociaux doivent être intégrées dans toute évaluation sérieuse de la gestion.
Il ne suffit donc pas de mettre en avant quelques chantiers pour proclamer la renaissance définitive de l’ONATRA. Une véritable relance doit se traduire par des résultats durables, une meilleure situation sociale des agents et une amélioration mesurable des performances de l’entreprise.
Le concours, une menace ou une opportunité ?
Le processus de sélection des mandataires ne devrait pas être présenté comme une menace pour l’ONATRA. Il peut au contraire constituer une occasion pour chaque candidat de défendre son bilan et de présenter sa vision pour l’avenir de l’entreprise.
Si Martin Lukusa estime que son bilan est aussi solide que le prétendent ses soutiens, pourquoi craindre la confrontation avec d’autres profils ?
Le meilleur moyen de démontrer sa compétence n’est pas d’éviter la compétition, mais de l’affronter avec des résultats à l’appui.
L’État doit donc privilégier la transparence et l’égalité de traitement. Soustraire une entreprise publique au processus de sélection au seul motif qu’une équipe serait déjà engagée dans des chantiers pourrait créer un précédent difficilement justifiable.
L’ONATRA avant les intérêts individuels
L’enjeu dépasse aujourd’hui la personne de Martin Lukusa. Il concerne l’avenir d’un outil stratégique de l’économie congolaise et les milliers de travailleurs qui en dépendent.
L’ONATRA a besoin de stabilité, certes, mais également de transparence, de responsabilité et de résultats. La stabilité ne signifie pas nécessairement le maintien automatique des mêmes dirigeants.
En définitive, Martin Lukusa doit pouvoir défendre son bilan devant les mécanismes d’évaluation prévus par l’État. S’il possède réellement le meilleur projet et les meilleurs résultats, le concours devrait lui permettre de le démontrer.
La question reste donc entière : pourquoi vouloir échapper au concours des mandataires lorsqu’on affirme avoir un bilan aussi convaincant ?
Miroir politique
+243810057621(Rédaction)