Dans la province de l’Équateur, la situation devient de plus en plus préoccupante au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social-UDPS. Ce qui devrait être un espace de mobilisation politique et de cohésion militante se transforme en un champ de tensions, de règlements de comptes et de dérives autoritaires. Les militants, désabusés, dénoncent une gestion chaotique et une perte de repères idéologiques. Au cœur de cette tourmente: le député provincial Clovis Elongama, dont les agissements suscitent une vive inquiétude au sein de la base et de la direction nationale du parti.
Clovis Elongama: de transfuge politique à fauteur de troubles
Ancien membre du parti dirigé par le professeur Sam Bokolombe, sa rupture avec son ancien mentor politique s’est accompagnée d’un changement de posture radical. Aujourd’hui membre de la Dynamique Bobo Boloko, il se comporte comme un électron libre, défiant les structures du parti, les autorités locales et même les principes de la démocratie interne.
Selon plusieurs sources locales, Elongama aurait constitué autour de lui une milice informelle, composée de jeunes désœuvrés et manipulés, capable de s’attaquer à toute personne qui ose remettre en question son autorité. Des intimidations, des menaces et même des agressions physiques ont été signalées, notamment contre des cadres de l’UDPS qui dénoncent ses méthodes. Ce climat de peur et de violence est incompatible avec les valeurs que le parti prétend défendre.
Complicité du gouverneur Bobo Boloko: une dérive institutionnelle inquiétante
Le gouverneur de l’Équateur, Bobo Boloko, interfédéral de l’UDPS, est accusé de couvrir ces dérives, voire de les encourager. Ensemble, lui et Elongama ont déstabilisé le secteur de la santé à Basankusu, en révoquant arbitrairement des agents et en engageant de nouvelles unités dans des conditions opaques. Le gouverneur va jusqu’à signer des commissions d’affectation avec des numéros matricules, une pratique qui relève normalement de l’administration centrale. Ce désordre administratif met en péril la vie des populations.
Mais la dérive la plus grave reste la révocation de Bonkosi Eley Dieudes, un cadre influent de l’UDPS à Basankusu, qui avait pourtant mené une campagne remarquable pour la réélection du président Félix Tshisekedi. Cette éviction, orchestrée par Boloko et Elongama, est perçue comme une vengeance politique et un signal inquiétant pour tous ceux qui osent exprimer une voix dissidente.
L’heure de l’intervention nationale a sonné
Face à cette situation explosive, les militants et les populations interpellent le Secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, ainsi que le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani. Il est urgent que des mesures soient prises pour restaurer l’ordre, protéger les cadres du parti et mettre fin aux pratiques mafieuses qui gangrènent l’UDPS/Équateur.
Laisser Clovis Elongama et Bobo Boloko continuer à agir en toute impunité reviendrait à cautionner une dérive autoritaire et à compromettre l’avenir du parti présidentiel dans une province stratégique. L’UDPS doit choisir entre la discipline et le chaos, entre la démocratie interne et la loi du plus fort.