Dans le vaste chantier de reconstruction nationale initié par le gouvernement congolais à travers le Programme de Développement Local des 145 Territoires -PDL-145T-, l’espoir avait enfin frappé à la porte de Basankusu, territoire enclavé de la province de l’Équateur. Ce programme, censé corriger les inégalités territoriales et doter chaque coin du pays d’infrastructures de base, avait suscité un immense enthousiasme parmi les populations locales. Malheureusement, cet espoir semble aujourd’hui trahi.
À Basankusu, malgré le décaissement de 65 % des fonds publics en faveur de la société Cartouche, adjudicataire du marché, aucune école, aucun centre de santé, aucun pont n’a vu le jour. Face à ce silence assourdissant des autorités provinciales, la population, exaspérée, se tourne désormais vers le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, pour réclamer justice.
Car, le PDL-145T n’est pas un simple programme de développement: il est un symbole de l’engagement de l’État à rapprocher les services sociaux de base des populations longtemps marginalisées. À Basankusu, ce symbole s’est transformé en mirage. La société Cartouche, qui avait remporté le marché pour la réalisation des infrastructures dans ce territoire, a perçu une avance substantielle — 65 % des fonds alloués — sans qu’aucune trace visible de travaux ne soit constatée sur le terrain.
Une population abandonnée
Ce constat d’abandon a provoqué une onde de choc dans la population. Des manifestations spontanées ont éclaté dans les avenues de Basankusu, traduisant la colère d’un peuple qui se sent trahi. Pourtant, malgré cette mobilisation citoyenne, ni le gouverneur de la province de l’Équateur, ni l’Assemblée provinciale n’ont daigné réagir. Ce silence institutionnel, perçu comme une complicité passive, alimente les soupçons de détournement de fonds publics et d’impunité.
La situation de Basankusu n’est pas un cas isolé. Elle illustre un mal plus profond: la défaillance des mécanismes de contrôle et de redevabilité dans l’exécution des projets publics. Lorsque des fonds publics sont débloqués, mais que les bénéficiaires ne voient aucun changement concret dans leur quotidien, c’est la confiance dans l’État qui s’effrite. Et lorsque les autorités locales ferment les yeux, c’est la justice qui doit ouvrir les siens.
C’est pourquoi un appel solennel est lancé au procureur général Firmin Mvonde. En tant que garant de l’action publique et défenseur de l’intérêt général, il est de son devoir de diligenter une enquête rigoureuse sur la gestion du PDL-145T à Basankusu. Il ne s’agit pas seulement de sanctionner les coupables, mais aussi de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions de la République.
Le peuple de Basankusu ne demande pas l’impossible. Il réclame ce qui lui est dû: des écoles pour éduquer ses enfants, des centres de santé pour soigner ses malades, des ponts pour relier ses villages. Il réclame que les promesses faites soient tenues, que les fonds publics servent réellement au développement, et que ceux qui trahissent la confiance publique soient traduits en justice.
Par conséquent, le Procureur général est appelé à agir le plus tôt possible, car le peuple l’observe. Et la République attend de lui un signal fort: celui que l’impunité n’est plus une règle, mais une exception. Que la justice soit faite à Basankusu, pour que le PDL-145T ne soit pas un slogan creux, mais une réalité tangible pour tous les territoires de la RDC.