Selon des informations rapportées par le Centre Lindonge, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a convié les fidèles catholiques à une messe prévue ce dimanche 14 décembre 2025. Un rendez-vous spirituel qui, au-delà de sa portée religieuse, suscite déjà de vives attentes et de nombreuses interrogations sur le plan politique.
Connaissant les prises de position passées du prélat, plusieurs observateurs s’attendent à une homélie au ton critique, voire sévère, à l’égard du pouvoir de Kinshasa. Successeur du cardinal Laurent Monsengwo, Fridolin Ambongo s’est en effet illustré par des déclarations souvent peu conciliantes vis-à-vis de la gouvernance du président Félix Tshisekedi, qu’il a régulièrement interpellée sur les questions de démocratie, de gouvernance et de sécurité.
Ce climat de tension a été récemment ravivé par le discours du président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), monseigneur Fulgence Muteba, à l’occasion de la clôture de la session du Comité permanent, le 10 décembre dernier. Lors de cette allocution, certains analystes ont noté l’absence de condamnation explicite de la prise de la ville d’Uvira, attribuée aux troupes rwandaises, alors même que Kigali et Kinshasa venaient de signer, une semaine plus tôt à Washington, un accord de paix.
De même, le silence de la CENCO sur la situation humanitaire et l’incertitude sécuritaire vécue par les populations locales a été diversement apprécié au sein de l’opinion publique.
Autre élément sensible : des médias en ligne annoncent la présence d’évêques rwandais et burundais à la messe du 14 décembre. Une participation qui pourrait être perçue comme controversée par une frange des fidèles et de la population kinoise, dans un contexte marqué par des tensions régionales persistantes. Des réactions de frustration, voire de colère, ne sont pas à exclure, certains estimant que cette démarche pourrait être interprétée comme un signal politique maladroit.
À l’approche de cette célébration, l’atmosphère reste donc lourde d’attentes et de suspicions. Si l’Église catholique se veut un espace de paix, de prière et de médiation, la messe du cardinal Ambongo pourrait, une fois de plus, se retrouver au cœur du débat politique congolais, dans un pays où le religieux et le politique demeurent étroitement imbriqués.
Miroir Politique
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