À Basankusu, le débat sur le paiement des salaires des agents de l’État prend une tournure politique préoccupante. Pourtant, la réalité est simple : le salaire est un droit légal, garanti par la Constitution et les lois, et non une faveur accordée par un acteur politique, même député provincial.
Le salaire, un droit fondamental
Qu’il s’agisse d’enseignants, de militaires, d’infirmiers ou d’agents administratifs, le salaire constitue un droit fondamental. Présenter son paiement comme le résultat d’une intervention individuelle, même par un député provincial, dénature la fonction de l’État et banalise les principes de gouvernance publique.
Seul le Gouvernement central est compétent
Le versement des salaires relève exclusivement du Gouvernement central, à travers le Ministère des Finances, le Ministère du Budget et la chaîne nationale de la paie. Aucun député provincial, quelle que soit sa notoriété ou son activisme, n’a le pouvoir légal de débloquer ou d’ordonner ces paiements. Ainsi, le député provincial Clovis Elongama ne peut être présenté comme l’« artisan » des salaires à Basankusu.
Une confusion aux conséquences graves
Faire passer un droit légal pour une faveur personnelle instille l’idée perverse que les agents seraient redevables à un individu pour ce que l’État leur doit. Cette manipulation affaiblit la culture institutionnelle et brouille la compréhension des responsabilités publiques.
Les véritables causes des retards
Les arriérés de salaires observés à Basankusu traduisent des dysfonctionnements structurels :
lenteurs administratives ;
chaîne de paie défaillante ;
bancarisation inadaptée ;
centralisation excessive des décisions ;
déficit de redevabilité du pouvoir exécutif central.
Ces problèmes nécessitent des réformes profondes et durables, loin de toute communication opportuniste.
Le député provincial Clovis Elongama invité à respecter son mandat
Instrumentaliser la précarité salariale à des fins politiques détourne l’attention des véritables responsabilités. Le député provincial Clovis Elongama est donc appelé à respecter les limites de son rôle et à exercer pleinement son mandat de contrôle politique sur le Gouvernement central.
Basankusu attend des institutions fortes
La population n’a pas besoin de récits héroïques artificiels. Elle réclame un État qui respecte ses engagements, des institutions efficaces et une gouvernance fondée sur la vérité et la responsabilité. Car dans un État de droit, un principe reste intangible : le salaire est un droit, pas une faveur.
Miroir Politique
+242810057621(Rédaction)