La récente intervention médiatique d’Adolphe Muzito, vice-Premier ministre et ministre du Budget, sur une chaîne de télévision française continue de provoquer de nombreuses prises de position au sein de la classe politique congolaise. En évoquant le cas de l’ancien président Joseph Kabila, l’ancien Premier ministre a déclaré que celui-ci « n’est pas un ennemi de la République démocratique du Congo ».
Une déclaration qui s’inscrit dans un contexte politique particulièrement sensible. Elle intervient alors que le président de la République, Félix Tshisekedi, a publiquement accusé Joseph Kabila d’entretenir des liens avec la coalition rebelle AFC/M23, active dans l’Est du pays et responsable d’une grave détérioration de la situation sécuritaire.
Au sein des milieux proches du pouvoir, cette prise de parole est perçue comme un écart notable par rapport à la ligne officielle du gouvernement. Certains responsables y voient une contradiction politique difficilement défendable de la part d’un membre de l’exécutif. D’autres estiment que le ministre du Budget aurait dû faire preuve de réserve, son portefeuille étant essentiellement technique, et éviter toute déclaration sur des dossiers hautement politiques et sécuritaires.
Cette sortie médiatique alimente ainsi les questionnements sur la cohérence gouvernementale, la discipline au sein de l’exécutif et la responsabilité de parole des dirigeants dans un contexte national marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires.
Miroir Politique
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