La crise qui frappe le secteur éducatif à Basankusu continue de s’aggraver. La grève des enseignants se poursuit sans interruption, et la tension a atteint un nouveau niveau hier lors d’une marche pacifique organisée dans les principales rues de la ville par les professionnels de l’éducation.
Depuis près de quatre mois, les enseignants de Basankusu n’ont toujours pas perçu leurs salaires. Face au silence prolongé du ministère de l’Éducation nationale, ils ont décidé de maintenir le mouvement et de rendre public leur ras-le-bol. Lors de cette mobilisation, une déclaration officielle a été publiée, demandant directement la démission de la ministre d’État, Raïssa Malu, qu’ils accusent d’abandon et de manque de considération. Selon les enseignants, la situation révèle que la ministre a montré ses limites, et c’est la première fois qu’un retard de salaires d’une telle ampleur se produit à Basankusu.
Dans cette déclaration, les enseignants dénoncent « l’indifférence manifeste » du ministère face à leur situation, et soulignent que toutes les démarches administratives et syndicales entreprises jusqu’ici sont restées sans réponse concrète. Selon eux, cette inaction compromet gravement le fonctionnement des écoles et menace l’avenir de milliers d’élèves.
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles : salles de classe vides, calendrier scolaire désorganisé, et le droit fondamental à l’éducation fortement compromis. Parents et élèves expriment leur inquiétude face au risque d’une année scolaire perdue.
« L’ouvrier mérite son salaire », rappellent les enseignants, soulignant la précarité extrême dans laquelle ils vivent. Privés de revenus depuis plusieurs mois, beaucoup peinent à assurer les besoins essentiels de leurs familles.
À cette crise salariale s’ajoute le dysfonctionnement du système de paiement via la banque Afriland, régulièrement dénoncé par les enseignants. Retards répétés, manque de transparence et absence de communication efficace sont autant de problèmes qui rendent nécessaire la mise en place d’un mécanisme de paiement fiable et adapté.
Leurs revendications sont claires :
le paiement immédiat de tous les arriérés de salaires ;
le respect de la dignité et du statut professionnel des enseignants ;
la réforme du système de paiement, jugé défaillant ;
la fin du silence du ministère et l’ouverture d’un dialogue franc ;
et désormais, la démission de la ministre Raïssa Malu, jugée responsable de cette crise historique à Basankusu.
Les enseignants préviennent que la grève se poursuivra tant qu’aucune solution concrète ne sera apportée. Pour eux, la responsabilité politique de cette crise incombe directement au ministère de l’Éducation nationale, et en particulier à sa ministre.
Face à cette situation critique, l’État congolais est appelé à agir en urgence pour éviter une année scolaire blanche à Basankusu. Les enseignants estiment que la ministre Raïssa Malu doit démissionner pour son incapacité à gérer cette crise, car sans salaires ni reconnaissance, il ne peut y avoir ni écoles fonctionnelles, ni avenir pour la jeunesse.
Miroir Politique
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