Palais du peuple : Mobilier en ruine, le questeur et son adjoint sommés de démissionner

Haut lieu de la démocratie congolaise, le Palais du peuple devrait refléter l’ordre, la rigueur et l’exemplarité de l’État. Pourtant, la salle des plénières de l’Assemblée nationale présente aujourd’hui une image alarmante de dégradation avancée, révélatrice de sérieuses failles dans la gestion administrative et matérielle de l’institution.

Selon plusieurs constats effectués sur place, les équipements de la salle des spectacles  utilisée pour les séances plénières  se détériorent de manière progressive et visible. Les chaises et tables, acquises à des coûts importants il y a plusieurs années, affichent un état d’usure avancé, conséquence directe d’un manque d’entretien régulier et de suivi.

Dossiers de sièges rongés par des insectes, montants fragilisés, bancs défoncés et recouverts d’égratignures : le mobilier réservé aux députés nationaux semble livré à l’abandon. Ces dégradations libèrent des poussières susceptibles de nuire à la santé des élus lors des longues séances parlementaires, dans une salle censée offrir des conditions de travail dignes.

Plus préoccupant encore, les tiroirs destinés à la conservation des documents de travail sont, pour certains, devenus de véritables refuges pour des araignées, traduisant un déficit d’entretien et d’hygiène incompatible avec le standing attendu d’une institution de cette envergure. À cela s’ajoutent des défaillances techniques persistantes : sonorisation défectueuse, échos perturbant la clarté des débats, éclairage insuffisant dû à des lampes hors service laissées sans remplacement pendant plusieurs mois.

Cette situation interpelle directement la questure de l’Assemblée nationale, organe chargé de la gestion administrative, financière et matérielle de l’institution. En République démocratique du Congo, le questeur a pour missions l’entretien des bâtiments du Palais du peuple, la gestion, la conservation et le renouvellement du mobilier (chaises, tables, bancs et pupitres), la maintenance des équipements techniques tels que la sonorisation, l’éclairage et la climatisation, ainsi que la supervision des services techniques et logistiques.

Le questeur adjoint, quant à lui, assiste le questeur principal dans l’ensemble de ces attributions. Il participe notamment au suivi de l’état du mobilier de la salle des plénières, à l’identification des besoins en réparation ou en remplacement, ainsi qu’au contrôle de l’exécution des travaux d’entretien confiés aux services techniques internes ou à des prestataires externes. En cas d’absence du questeur principal, il est également appelé à assurer sa suppléance afin de garantir la continuité de la gestion.

En pratique, même si le questeur adjoint n’intervient pas directement dans les réparations, il porte une responsabilité de suivi et de contrôle. Dès lors, la dégradation prolongée des sièges, tables et équipements soulève légitimement la question de la chaîne de responsabilités au sein de la questure.

Cette situation pose également une question de redevabilité des animateurs de la questure. Lorsque les missions clairement définies — entretien des infrastructures, suivi du mobilier, maintenance des équipements — ne sont pas assurées, les principes de bonne gouvernance imposent des mesures correctives. Dans ce contexte, le questeur et son adjoint pourraient être amenés à envisager leur démission, afin de reconnaître leurs manquements et de préserver la dignité et l’exemplarité de l’Assemblée nationale.

Au-delà de l’état du mobilier et des équipements, c’est l’image et la crédibilité de la première chambre du Parlement qui se trouvent mises à rude épreuve. Comment exiger rigueur et bonne gouvernance dans l’administration publique lorsque l’Assemblée nationale elle-même peine à assurer l’entretien de ses propres infrastructures ? La dégradation de la salle des plénières apparaît ainsi comme le symptôme d’une gestion défaillante, appelant à une prise de conscience urgente et à des actions concrètes pour restaurer la dignité de ce haut lieu de la démocratie congolaise.

Tiré du média  Alternance Co info

+243810057621(Rédaction)

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