Le communiqué officiel daté du 2 février 2026 et attribué à la Direction Générale des Recettes de Kinshasa (DGRK) continue de susciter une vive controverse, non pas tant pour son contenu que pour la qualité et la légitimité de son signataire. En effet, le document portant sur la vignette automobile électronique est signé par le Chargé de missions Kaja Kambowa Gérard, une situation pour le moins inhabituelle au regard des usages administratifs et de la portée juridique du message diffusé.
Dans toute administration publique structurée, la communication officielle engageant les contribuables, annonçant des sanctions, évoquant des poursuites judiciaires ou modifiant les modalités de perception d’un impôt relève normalement de la compétence du Directeur général, de son adjoint ou d’un porte-parole formellement mandaté. Or, en l’espèce, aucune mention d’une délégation de signature ou d’un acte d’habilitation n’apparaît dans le document.
La question se pose alors avec acuité : depuis quand un chargé de mission est-il habilité à parler au nom de toute une régie financière ? Par nature, cette fonction est généralement temporaire, technique et subordonnée, destinée à appuyer une mission spécifique, et non à engager l’institution face à l’opinion publique et aux contribuables.
Une autre interrogation majeure reste sans réponse : qu’en est-il des automobilistes qui avaient payé leur vignette avant la mise en place de ce système électronique ? Les vignettes antérieures à cette opération seront-elles reconnues ?
Les contribuables concernés risquent d’être pénalisés sans justification claire, ce qui accentue le flou juridique et la confusion autour de cette réforme.
Pour de nombreux observateurs, cet épisode révèle bien plus qu’une simple erreur de communication. Il met en lumière l’incompétence avérée du Directeur général de la DGRK et de son comité de gestion, incapables d’imposer une discipline institutionnelle élémentaire, de respecter la chaîne hiérarchique et de préserver la crédibilité de l’administration fiscale provinciale. Les faiblesses du communiqué imprécisions juridiques, style approximatif, ton excessivement menaçant et absence de références légales claires traduisent une gestion désordonnée et une communication improvisée, engageant directement la responsabilité du sommet de la DGRK. Une régie financière ne peut se permettre de fonctionner dans l’approximation, surtout lorsqu’elle s’adresse à des millions de contribuables.
Face à cette dérive devenue récurrente, nous appelons solennellement le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, à prendre ses responsabilités. Lorsque l’incompétence d’un dirigeant n’est plus à démontrer, lorsque les erreurs s’accumulent et que l’image de l’institution est durablement écornée, le maintien en fonction du Directeur général de la DGRK devient non seulement problématique, mais préjudiciable à la gouvernance publique.
Chasser le DG de la DGRK ne relèverait pas d’un règlement de comptes, mais d’un acte de salubrité administrative, nécessaire pour restaurer l’autorité de l’État, rétablir la confiance des contribuables et remettre la DGRK sur les rails de la rigueur, de la légalité et du professionnalisme.
La modernisation fiscale ne se limite pas aux outils numériques. Elle commence par des hommes compétents, responsables et redevables. À défaut, les réformes annoncées resteront de simples slogans, noyés dans l’amateurisme et l’improvisation.
Miroir Politique
+243810057621(Rédaction)