Une fraude douanière d’ampleur exceptionnelle frappe le secteur des hydrocarbures en République démocratique du Congo, particulièrement dans la zone Sud du pays. Dans une lettre officielle adressée au Directeur général des Douanes et Accises (DGDA), le ministère des Hydrocarbures alerte sur une perte fiscale estimée à près de 800 millions de dollars américains, causée par l’importation de carburants non déclarés et non taxés, notamment dans la province du Haut-Katanga.
Selon les statistiques du système SIDONIA, outil central de la DGDA pour la gestion douanière, près de 2 millions de mètres cubes de produits pétroliers ont été importés par la voie Sud en 2025. Cependant, seulement la moitié de ces volumes aurait été effectivement dédouanée. En d’autres termes, près de 50 % du carburant importé aurait échappé au paiement des droits et taxes, privant le Trésor public de près de 800 millions USD.
Le ministère qualifie ces faits de scandale financier d’État, dépassant largement le cadre d’erreurs administratives. Selon lui, il s’agit d’une fraude structurée, soutenue par des réseaux organisés bénéficiant de complicités internes au sein de certains services de la DGDA.
Le 16 janvier 2026, une opération menée par la Brigade mixte de lutte contre la fraude, dans le cadre du programme de marquage moléculaire (MAMO), a permis d’intercepter trois camions-citernes transportant une quantité importante de carburant non marqué. Ces produits, introduits illégalement en RDC, appartiendraient à la société VEXHOR, auraient été cédés sous douane à PANDA International Congo, puis entreposés dans le dépôt PMJ.
Le ministère évoque également de graves fuites d’informations sensibles ayant compromis cette opération et mis en danger les agents sur le terrain. Selon les éléments d’enquête, ces informations auraient été transmises à l’opérateur concerné par un cadre de la Brigade douanière de la DGDA basé dans le Haut-Katanga, soulevant de sérieuses questions sur les responsabilités internes.
Face à cette situation, le ministère s’étonne du silence de la DGDA et de l’absence de sanctions visibles ou d’alertes internes. Une attitude qui pourrait être interprétée comme une complicité passive, voire active, face à une fraude devenue récurrente dans la zone Sud.
Le ministère des Hydrocarbures appelle à une réaction rapide et exemplaire, exigeant la mise en place de mesures administratives et disciplinaires urgentes, la suspension préventive des agents soupçonnés, ainsi que la publication d’un rapport détaillé et rendu public sur les écarts constatés dans les importations pétrolières en 2025.
Cette affaire révèle une fois de plus les faiblesses dans la gouvernance des régies financières et souligne l’urgence de lutter contre l’impunité, afin de protéger les ressources de l’État et de restaurer la confiance dans les institutions publiques.
Miroir Politique
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