À Basankusu, le rôle de la société civile en tant que contre-pouvoir, vigie citoyenne et garante de l’intérêt général semble s’être progressivement dilué, notamment dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), lancé en 2022 par le gouvernement congolais.
Ce programme ambitieux vise la construction de 17 ouvrages au total, dont 6 au centre de Basankusu, à savoir cinq (5) écoles et un (1) bâtiment administratif, destinés à renforcer l’accès à l’éducation, à l’administration publique et aux services sociaux de base. Pour garantir la transparence et le contrôle citoyen, un comité local de suivi avait été mis en place.
Trois ans sans redevabilité
Après près de trois ans d’exécution, le bilan interpelle. Aucune note d’information, aucun rapport public, aucune communication officielle n’a été produite par la société civile pour informer la population de l’état d’avancement réel des travaux du PDL-145T. Un silence prolongé qui contraste avec les missions fondamentales assignées aux structures citoyennes.
Au lieu d’exercer un contrôle rigoureux, la société civile est aujourd’hui accusée de complaisance, voire de complicité, dans plusieurs pratiques dénoncées par des acteurs locaux, notamment :
le vol et la revente présumée de matériaux de construction tels que le ciment et les carreaux ;
la participation à la fourniture de matériaux locaux (sable, caillasse) à l’entreprise Cartouche, chargée de l’exécution des travaux, créant un conflit d’intérêts manifeste ;
une absence totale d’alerte face aux irrégularités constatées sur certains chantiers.
Des manœuvres de diversion au lieu du contrôle citoyen
Plus préoccupant encore, la société civile locale semble aujourd’hui plus active dans des manœuvres dilatoires et des campagnes de discrédit, attribuées à l’influence de Patrick Mulumba, que dans la défense des intérêts de la population.
Ces actions visent notamment à fragiliser l’image de Papa Damien Boembi, notable de Basankusu et acteur engagé dans le développement local, qui a pris l’initiative de soutenir concrètement l’exécution du PDL-145T sur le terrain.
Selon Alain Lungungu, coordonnateur de la CFEF, grâce aux efforts déployés, le taux de réalisation des six sites du centre de Basankusu atteint aujourd’hui 88 %, un résultat qui contraste avec le climat de polémique entretenu par certains acteurs.
Une inversion inquiétante des rôles
Cette situation pose une question fondamentale : comment expliquer que ceux qui agissent concrètement pour le bien-être collectif soient attaqués, tandis que la société civile censée contrôler et dénoncer les dérives demeure silencieuse, voire complice ?
Urgence d’une réforme citoyenne
Face à ces dérives, de nombreuses voix appellent à une réforme profonde et à une responsabilisation accrue des structures de la société civile à Basankusu. Il est urgent que la société civile de Basankusu assume pleinement son rôle de vigilance citoyenne, afin de garantir la transparence, la redevabilité et la protection des intérêts de la population dans la mise en œuvre du PDL-145T.
Miroir Politique
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