L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 10 décembre, le budget de l’État pour l’exercice 2026. Chiffré à 54 335,8 milliards de francs congolais, il enregistre une progression de 7 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2025.
Présenté par le Gouvernement comme un budget de redressement et de sécurité, le texte met l’accent sur les enjeux humanitaires et la stabilisation des provinces frappées par les conflits. Pourtant, derrière les débats animés, un silence pesant a dominé : celui des représentants de Basankusu, Joséphine Lokumu et Christophe Empangi.
Un silence qui dérange
Alors que de nombreux députés ont profité des discussions pour rappeler les souffrances de leurs circonscriptions, aucun élu de Basankusu, y compris Joséphine Lokumu et Christophe Empangi, n’a pris la parole. Aucune revendication, aucun plaidoyer, aucune interpellation de l’exécutif concernant ce territoire enclavé de l’Équateur.
Pour plusieurs analystes politiques, cette absence dépasse le simple oubli.
« Ce silence n’est pas une omission. C’est une faute politique », estiment-ils.
Dans une enceinte où chaque intervention peut orienter des investissements essentiels, le mutisme de Lokumu et Empangi apparaît comme une abdication de responsabilité.
Un territoire oublié malgré ses besoins criants
Basankusu reste l’un des territoires les plus fragiles de la cuvette centrale. Les défis y sont connus et récurrents :
un enclavement sévère qui isole la population ; des routes impraticables et un réseau de transport quasi inexistant ; des infrastructures scolaires et sanitaires délabrées ; de vastes zones dépourvues d’énergie ; une sécurité alimentaire fragile ;
un potentiel environnemental et humain encore inexploité.
Dans un pays où le budget national demeure un outil stratégique de développement, le manque de plaidoyer de Lokumu et Empangi pour Basankusu équivaut à laisser s’enliser un territoire déjà marginalisé.
Le vote budgétaire : un test d’engagement pour les députés
Au-delà de sa portée financière, le vote du budget sert de baromètre pour mesurer l’engagement des élus sur leurs bases politiques.
Dans cet exercice, la discrétion des députés de Basankusu surprend d’autant plus que d’autres provinces ont su défendre avec vigueur leurs priorités. Cette absence interroge :
Les élus de Basankusu manquaient-ils de préparation ?
Sont-ils politiquement isolés ?
Ou se sont-ils déconnectés des réalités quotidiennes de leur population ?
Quelle qu’en soit la raison, les conséquences risquent de peser longtemps sur le territoire.
Une occasion ratée
En ne s’exprimant pas, Joséphine Lokumu et Christophe Empangi ont laissé passer de nombreuses opportunités :
inscrire des projets de désenclavement dans le budget ;
obtenir des financements pour les routes, écoles et centres de santé ;
attirer l’attention du gouvernement sur les urgences humanitaires ;
sécuriser des engagements sur l’énergie, la mobilité ou l’agriculture.
Dans un contexte où d’autres députés ont réussi à obtenir des avancées pour leurs zones, l’immobilisme observé pour Basankusu apparaît comme un désaveu.
Un silence qui restera dans les mémoires
Les débats parlementaires marquent parfois les esprits par la force d’un argument.
Mais ils marquent aussi par le poids d’un silence.
Le 10 décembre, Basankusu n’a pas été défendue par ses élus, Joséphine Lokumu et Christophe Empangi. Et l’histoire retiendra non seulement ce qui a été dit, mais surtout ce qui ne l’a pas été.
Miroir Politique
+243810057621( Rédaction)