D’entrée de jeu, rappelons que la mission principale d’un député provincial est de légiférer par voie d’édits au niveau provincial, de contrôler le gouvernement provincial et les services publics, et d’assurer la représentation de ses électeurs. Il participe également à l’élection du gouverneur, du vice-gouverneur et des sénateurs.
Le député provincial adopte des édits provinciaux dans les domaines de compétence réservés à la province. Il participe aux travaux de l’Assemblée provinciale, examine les projets d’édits et peut proposer des amendements. Il contrôle l’action du gouvernement provincial et des services publics provinciaux et locaux. Il a le pouvoir de poser des questions et d’interroger les membres de l’exécutif provincial sur leurs actions.
Le député provincial est le représentant de ses concitoyens et défend leurs intérêts et préoccupations. Il fait le lien entre sa circonscription et les instances provinciales, faisant remonter les besoins de sa population. Il peut aider ses électeurs à résoudre des problèmes et à obtenir des informations.
L’UDPS interpellée
Cependant, le député provincial cherche par tous les moyens à aller au-delà de cette mission clairement définie par la Constitution. Pour preuve, il fait engager et révoquer des agents du secteur de santé qui ne lui plaisent pas. Avec la complicité de son frère, l’actuel ministre provincial de santé de l’Equateur, il a fait partir les administrateurs de zone de santé, de l’hôpital général de référence de Basankusu, le chef de secteur de Basankusu, l’inspecteur de zone de santé, de l’environnement, le sous-Proved Mara. Au total : 32 personnes mises à la porte sans aucun motif valable.
Le député Clovis Elongama s’est même permis de mettre à la porte le chef de secteur Me Bonkosi Eley Dieudes, pour le remplacer par le jeune frère de sa femme au cursus que personne ne connaît. Oubliant que ce membre très influent de l’UDPS avait battu une forte campagne en faveur de la réélection du président Félix Tshisekedi. Dès lors, les regards de tous se tournent à présent vers le Secrétaire général du parti présidentiel pour examiner ce cas.
Plus grave: avec le consentement du gouverneur de province, il a fait engager avec des numéros matricule, de nombreux agents dans les services de l’Etat sans qu’ils suivent le processus normal d’entrée dans l’administration publique. Et puisque le ridicule ne tue pas, voilà que son épouse se pose cyniquement la question de savoir pourquoi l’on s’en prend à son mari alors qu’il ne ferait que contribution à la résolution du chômage. Pourtant, l’on apprend que toutes ces personnes verseraient des commissions au député provincial toutes les fois qu’elles touchent leurs salaires.
Par ailleurs, l’on se demande si c’est le VPM en charge de la Fonction publique qui octroie des numéros matricule ou c’est le gouverneur de province. Car, l’on signale la commission d’affectation signée par le gouverneur Bobo Boloko Bolumbo pour commissionner Esombi Lolenga Frédéric : numéro matricule 2.140.657 au rang de chef de bureau. Un faux en écriture qui mérite d’être dénoncé et porté à la connaissance du VPM Jean-Pierre Lihau.
Pour tout dire, les observateurs demandent au gouverneur de l’Equateur d’annuler purement et simplement cette commission d’affectation ainsi que toutes les mises en place opérées par le député provincial Clovis Elongama. Cette manière est à l’opposé de la vision du chef de l’Etat Félix Tshisekedi. Affaire à suivre !