Pour avoir abîmé la capitale de la RDC : Les Kinois en ont marre, Daniel Bumba et Eddy Iyeli doivent partir

Alors que Kinshasa ploie sous le poids d’une crise de mobilité sans précédent, les Kinois avaient assisté, médusés, à un spectacle qui frôle l’indécence: leur vice-gouverneur, Eddy Iyeli, semble avoir troqué les responsabilités publiques contre la gestion de ses affaires privées. Dans une ville où marcher à pied est devenu une contrainte quotidienne pour des milliers de citoyens, le silence et l’inaction de celui qui devait incarner la proximité et la réactivité de l’exécutif provincial résonnent comme une trahison.

Pire encore, ses récentes apparitions publiques, notamment lors de la distribution de moyens de transport à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, ont été perçues comme une provocation cynique, un affront à la dignité des Kinois. À l’heure où un audit sur la gestion financière est lancé par la présidence et le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani, la question du départ de Daniel Bumba et Eddy Iyeli ne se pose plus: elle s’impose.

Une fonction désertée au profit d’intérêts privés

Depuis son investiture aux côtés du gouverneur Daniel Bumba, Eddy Iyeli s’est illustré moins par son engagement au service de la ville que par sa propension à privilégier ses affaires personnelles. Les réunions stratégiques manquées, les absences répétées lors des crises majeures, et l’opacité autour de ses activités extra-institutionnelles nourrissent un malaise grandissant. À l’heure où Kinshasa a besoin d’un leadership de proximité, le vice-gouverneur a déserté le terrain, laissant les Kinois livrés à eux-mêmes.

Le récent épisode de la distribution de moyens de déplacement à Mbandaka, alors que les grandes artères de la capitale sont saturées de piétons exténués, a cristallisé la colère populaire. Loin de répondre à l’urgence des besoins en transport, cette opération a été perçue comme une mise en scène politicienne, déconnectée des réalités vécues par la majorité. En lieu et place d’un plan structuré de mobilité urbaine, les Kinois ont eu droit à une parade médiatique, orchestrée par un vice-gouverneur plus soucieux de son image que du service public.

L’audit comme révélateur d’une faillite politique

L’audit en cours sur la gestion du gouvernance de la ville de Kinshasa devrait bien sceller le sort d’un mandat déjà discrédité. Les premières fuites évoquent des irrégularités préoccupantes, des conflits d’intérêts, et une absence flagrante de résultats tangibles. Dans un contexte où la redevabilité devient une exigence citoyenne incontournable, le maintien de Daniel Bumba de l’UDPS et de son colistier Eddy Iyeli du MLC à la tête de l’exécutif provincial apparaît non seulement injustifiable, mais aussi dangereux pour la crédibilité de l’instance urbaine. D’autant plus qu’il a été élu sur la même liste que le gouverneur Daniel Bumba, dont l’image se trouve désormais ternie par cette association.

L’heure n’est donc plus aux demi-mesures. La population kinoise, lasse d’être méprisée, réclame des comptes. Le départ du gouverneur et de son vice-gouverneur Iyeli ne serait pas une sanction arbitraire, mais un acte de salubrité publique, un signal fort envoyé à tous ceux qui confondent mandat électif et rente personnelle. Il est temps de réaffirmer que la gestion de la cité ne saurait être reléguée au second plan au profit d’intérêts privés. Kinshasa mérite mieux. Elle mérite des dirigeants présents, compétents, et profondément engagés pour le bien commun. Le vice-gouverneur Iyeli a failli. Il doit en tirer les conséquences et se retirer. Pour que la capitale retrouve sa dignité, pour que la politique retrouve son sens.

Miroir Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *