Aalors que l’Est de la République Démocratique du Congo demeure en proie à une insécurité persistante et à des violences répétées, une question revient avec insistance : Joseph Olenghankoy, président du Conseil National de Suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA), n’avait-il pas raison d’appeler, dès l’époque, à un dialogue sincère et inclusif entre Congolais ?
Pendant longtemps, ses alertes ont été ignorées. Aujourd’hui, face à l’aggravation de la crise à l’Est et aux tensions politiques croissantes, ces appels prennent une dimension d’autant plus urgente.
Une situation sécuritaire alarmante à l’Est
Les provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, restent le théâtre de violences quotidiennes. Les groupes armés, issus pour certains de l’ancienne rébellion du M23, continuent d’attaquer les civils et l’armée nationale. Selon des sources locales :
Des villages entiers sont déplacés, provoquant une crise humanitaire massive.
Les écoles et centres de santé sont fermés ou détruits, privant des milliers d’enfants et familles de services essentiels.
Le commerce local est paralysé, aggravant la pauvreté et l’insécurité alimentaire.
Joseph Olenghankoy insiste sur le fait que ces violences ne sont pas uniquement militaires, mais également politiques et sociales, alimentées par des tensions intercommunautaires et des rivalités exploitées par certains acteurs politiques.
Un appel précoce au dialogue ignoré
Depuis plusieurs années, Olenghankoy plaide pour un dialogue sincère et inclusif entre Congolais, capable de :
Mettre fin aux hostilités dans l’Est,
Restaurer la confiance entre acteurs politiques et communautés locales,
Renforcer les institutions nationales face à la fragmentation régionale.
« La situation actuelle n’est pas une fatalité », a-t-il rappelé lors de la dernière session du CNSA. « Si nous avions écouté ces appels il y a quelques années, beaucoup de vies auraient été épargnées et la cohésion nationale préservée. »
Il dénonce le fait que le pays a souvent préféré compter sur des solutions extérieures, qui ne tiennent pas compte des réalités du terrain.
La paix doit être construite par les Congolais
Pour Joseph Olenghankoy, la paix durable doit naître de l’intérieur. Il critique la dépendance aux accords internationaux et aux initiatives externes, rappelant que certains groupes armés profitent de la situation pour instrumentaliser la violence à des fins politiques ou tribales.
« On ne peut pas négocier la paix avec des intérêts étrangers ou des acteurs qui ignorent nos villages et nos familles », insiste-t-il.
Le Dialogue national inclusif : seule solution crédible
Selon Olenghankoy, seule la tenue d’un Dialogue national inclusif, réunissant gouvernement, opposition, société civile et certains groupes armés prêts à déposer les armes, permettra :
De réconcilier les Congolais,
De restaurer l’autorité de l’État dans l’Est,
De mettre en place des stratégies coordonnées pour sécuriser les populations et le territoire.
Le CNSA, sous sa présidence, s’engage à faciliter ce processus, malgré les résistances politiques. Il avertit : ceux qui sabotent ou caricaturent ce dialogue « sont des fossoyeurs de la République ».
Une nation en quête de lucidité et de responsabilité
Le message de Joseph Olenghankoy sonne comme un avertissement : l’Est du pays ne pourra connaître la paix que si les Congolais acceptent de se parler et de trouver ensemble des solutions. La question demeure : et si écouter Olenghankoy aujourd’hui pouvait éviter à la RDC une nouvelle génération de victimes et de désespoir ?
Miroir Politique
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