Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter la scène politique nationale. Face à la presse ce mercredi, Modeste Bahati Lukwebo a pris une position claire en s’opposant à toute modification de la Loi fondamentale, tout en adressant une critique directe à Evariste Boshab.
Sans détour, l’ancien président du Sénat a dénoncé ce qu’il considère comme une incohérence dans le discours de certains acteurs politiques. « Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il déclaré devant les journalistes.
Pour Bahati Lukwebo, la RDC ne souffre pas d’un déficit de textes juridiques, mais plutôt d’un problème d’application. « Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », a-t-il insisté, estimant que la Constitution actuelle offre un cadre suffisant pour assurer le bon fonctionnement des institutions.
Réagissant à l’argument selon lequel la Constitution serait devenue obsolète après 17 ans d’existence, il a balayé cette thèse d’un revers de la main. « Il ne suffit pas de dire que la Constitution est dépassée 17 ans après. C’est quelle théorie scientifique ? », s’est-il interrogé.
Le leader politique a également exprimé son incompréhension face au revirement de ceux qu’il qualifie de « géniteurs » de la Constitution. Selon lui, ceux qui ont participé à son élaboration devraient en être les premiers défenseurs, plutôt que d’en réclamer aujourd’hui la révision.
Cette sortie médiatique relance un débat sensible dans le pays, où toute initiative de réforme constitutionnelle suscite traditionnellement de vives réactions. En prenant position publiquement, Bahati Lukwebo se pose en défenseur du statu quo institutionnel, plaidant pour le respect strict des textes existants et une amélioration de la gouvernance plutôt qu’un changement de cadre légal.