RDC : Jules Alingete et l’IGF, les coulisses d’une redynamisation réussie

Lors du séminaire de renforcement des capacités des partenaires médias et de la société civile pour l’appropriation du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’Inspection Générale des Finances (IGF), organisé à Kinshasa sous la conduite de l’Inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bitasimwa, l’Inspecteur général des finances-chef de service honoraire et émérite, Jules Alingete Key, a partagé son expérience à la tête de cette institution et présenté les principales réformes qui ont marqué son mandat entre 2020 et 2025.

Devant les représentants des médias, les acteurs de la société civile ainsi que les partenaires techniques et financiers, l’ancien patron de l’IGF a dressé le bilan d’une période qu’il qualifie de décisive dans l’histoire de l’institution. Selon lui, les transformations engagées au cours de ces cinq années ont permis de renforcer les mécanismes de contrôle des finances publiques, de moderniser le fonctionnement de l’IGF et d’accroître son efficacité dans la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics.

Parmi les réformes majeures entreprises figure la redéfinition du statut de l’IGF en tant que service supérieur d’audit placé auprès du pouvoir exécutif. Cette évolution a notamment permis d’élargir son champ d’action aux provinces et aux entités territoriales décentralisées, renforçant ainsi sa présence sur l’ensemble du territoire national.

L’institution a également connu une profonde restructuration de ses brigades opérationnelles. Le nombre de brigades est passé de cinq à dix unités spécialisées couvrant les recettes fiscales, les douanes, les marchés publics, les entreprises publiques, les provinces, l’audit et le contrôle qualité. Une brigade dédiée à la certification des remboursements de la TVA a également été créée afin de renforcer les mécanismes de contrôle et de prévenir les fraudes.

Afin d’améliorer l’efficacité de ses interventions, l’IGF a bénéficié d’un élargissement de ses prérogatives. Les inspecteurs des finances disposent désormais du pouvoir d’accéder aux systèmes informatiques des services contrôlés, de suspendre certaines opérations financières irrégulières, de s’opposer à des exonérations fiscales jugées illégales et de proposer des mesures conservatoires à l’encontre des gestionnaires impliqués dans des actes de mauvaise gestion.

L’une des innovations les plus marquantes demeure l’instauration du contrôle a priori et du contrôle concomitant. Ce mécanisme permet à l’IGF d’intervenir avant ou pendant l’exécution des dépenses publiques afin de prévenir les irrégularités et de protéger les ressources de l’État. Cette approche a considérablement renforcé le suivi de la chaîne de la dépense publique ainsi que le contrôle du compte général du Trésor.

La modernisation de l’institution s’est également traduite par le rajeunissement de son personnel. Face au vieillissement du corps des inspecteurs des finances, dont l’âge moyen avoisinait les 60 ans, l’IGF a procédé au recrutement de 87 nouveaux inspecteurs. Cette opération a permis d’intégrer de nouveaux profils, notamment des ingénieurs informaticiens et des ingénieurs en construction, afin d’adapter l’institution aux exigences de la modernisation de l’administration publique.

Selon Jules Alingete, l’ensemble de ces réformes a contribué à améliorer la mobilisation des recettes publiques, à réduire les exonérations abusives et à renforcer le contrôle des régies financières. Il a notamment rappelé plusieurs missions emblématiques réalisées durant son mandat, parmi lesquelles les contrôles effectués à la Banque Centrale du Congo, les audits des entreprises publiques, le suivi des fonds destinés à la riposte contre la Covid-19 ainsi que plusieurs enquêtes ayant conduit à des poursuites judiciaires.

L’ancien chef de service a également souligné l’importance de la communication dans la réussite de cette transformation. L’ouverture de l’IGF aux médias et à la société civile, la publication des rapports de contrôle ainsi que la sensibilisation de l’opinion publique ont permis de renforcer la culture de la redevabilité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques.

« Il fallait démontrer à la population qu’une sentinelle veille sur la protection des finances publiques », a déclaré Jules Alingete, estimant que la communication a constitué un levier essentiel dans la lutte contre les antivaleurs.

Au terme de son intervention, il a affirmé que les réformes engagées entre 2020 et 2025 ont profondément transformé l’Inspection Générale des Finances, passée d’un simple organe de contrôle à une institution stratégique au cœur de la gouvernance financière de l’État. Un héritage qu’il considère comme une base solide pour poursuivre les efforts de moralisation de la gestion publique, renforcer la transparence et consolider la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo.

Miroir Politique 

+243810057621(Rédaction)

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