La tension monte à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). La délégation syndicale et des représentants du personnel à travers le pays annoncent une mobilisation, avec une grande marche et le déclenchement d’un mouvement de grève pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« abus » au sein de l’institution. Ils réclament notamment le départ du directeur général, Charles Mudiay Kazadi Manjivita, ainsi que celui du président du conseil d’administration, Paul Babangu Bangu
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Dans une déclaration, l’intersyndicale fait état de plusieurs griefs liés à la gestion de la CNSS. Elle dénonce notamment des promotions en cascade qu’elle estime contraires à la convention collective de l’institution, ainsi que des promotions qu’elle qualifie de « tribales ».
Sur le plan financier, les représentants des travailleurs expriment également de sérieuses préoccupations. Ils mettent en cause la gestion des ressources de la CNSS et demandent que toute la lumière soit faite sur l’utilisation des fonds de l’institution. L’intersyndicale évoque également une possible complaisance de certains inspecteurs de l’Inspection générale des finances (IGF), une accusation qui nécessite, le cas échéant, des vérifications et des éléments de preuve de la part des autorités compétentes.
Autre point de contestation : les inégalités présumées dans l’octroi des avantages professionnels et dans la désignation des agents appelés à effectuer des missions.
L’intersyndicale dénonce également ce qu’elle présente comme des licenciements abusifs et des mesures d’acharnement visant certains cadres et agents de la CNSS. Elle demande que les procédures ayant conduit à ces décisions soient examinées afin d’en établir la conformité avec les textes en vigueur.
La gestion du patrimoine immobilier figure aussi parmi les préoccupations soulevées. Les syndicats évoquent des soupçons concernant les revenus issus de la location des appartements et bureaux appartenant à la CNSS, mettant notamment en cause la direction chargée des immobiliers. Ces accusations devront, le cas échéant, être établies par des investigations indépendantes.
Les dépenses liées aux soins médicaux sont également au centre de la controverse. L’intersyndicale affirme que de faux cas de maladie seraient créés afin de détourner les fonds destinés à la prise en charge médicale des agents. Elle avance le chiffre de plus de 100 milliards de francs congolais qui seraient, selon elle, concernés chaque mois. Une accusation particulièrement grave qui nécessite des éléments de preuve et, le cas échéant, un audit approfondi des dépenses médicales de l’institution.
Les syndicalistes contestent, par ailleurs, l’acquisition de nouveaux immeubles à plusieurs millions de dollars, citant notamment les bureaux de Kitambo et de 1113. Ils estiment que la CNSS devrait privilégier la valorisation de ses terrains disponibles par la construction de ses propres infrastructures plutôt que d’engager d’importantes dépenses dans l’achat de bâtiments.
Face à cette situation, l’intersyndicale dit vouloir saisir les plus hautes autorités du pays, notamment le président de la République, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, l’Agence nationale de renseignements (ANR), l’Inspection générale du travail (IGT) et l’Inspection générale des finances (IGF).
Elle appelle enfin l’ensemble du personnel de la CNSS à rester vigilant, uni et mobilisé jusqu’à la satisfaction de ses revendications, notamment le départ du comité de gestion actuellement en place.
La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes, appelées à examiner ces différentes accusations et à faire toute la lumière sur la gestion administrative, financière et sociale de la CNSS.
Nous y reviendrons avec plus de détails dans notre prochaine édition.oir politique
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