La polémique autour de la relecture de la Constitution continue d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Les déclarations du sénateur Modeste Bahati Lukwebo, affirmant que « le pays n’a pas un problème de textes mais un problème d’hommes » et que « quand on aime son chef, on lui dit la vérité », ont suscité une vive réaction au sein de la majorité présidentielle.
En réponse, le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Déogratias Bizibu, a tenu à réagir en rappelant que la question de la relecture de la Constitution n’est pas nouvelle dans le débat national. Selon lui, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’était déjà exprimé sur cette éventualité lors de ses déplacements dans plusieurs villes du pays, notamment à Kisangani, Mbuji-Mayi, Kananga et Lubumbashi.
Pour Déo Bizibu, il est difficile de soutenir que les discussions sur cette question se déroulent sans que les principaux responsables de la majorité en soient informés. Il s’interroge ainsi sur la position du sénateur Bahati Lukwebo, pourtant membre du présidium de l’Union Sacrée de la Nation.
Le responsable de l’UDPS estime par ailleurs que si des préoccupations existent au sujet de la Constitution, celles-ci devraient être débattues dans un cadre de concertation interne entre les membres de la majorité. Il invite ainsi les acteurs politiques à privilégier le dialogue afin d’éviter des prises de position publiques susceptibles d’alimenter la polémique.
Cette passe d’armes entre deux figures de la coalition au pouvoir met en lumière les tensions qui traversent actuellement l’Union sacrée. Pour plusieurs observateurs, ces divergences pourraient fragiliser davantage la cohésion de cette plateforme politique.
Dans un contexte sécuritaire marqué par l’occupation de certaines villes de l’Est du pays, notamment Goma, Bukavu et Uvira, Déo Bizibu appelle les leaders politiques à privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Selon lui, l’heure est à l’unité et à la mobilisation générale derrière le chef de l’État afin de faire face aux défis sécuritaires et parvenir à la libération des territoires occupés.
Miroir Politique
+243810057621(Rédaction)