La situation des constructions érigées aux abords de l’aéroport de Basankusu, dans la province de l’Équateur, mérite aujourd’hui une attention particulière des autorités compétentes, notamment de la Régie des Voies Aériennes (RVA).
L’aéroport de Basankusu, identifié par le code IATA BSU et le code OACI FZEN, dessert la ville de Basankusu, située sur la rivière Lulonga. Les données aéronautiques disponibles indiquent une piste 06/24 d’environ 1 480 mètres de longueur, avec une surface non revêtue. L’aéroport se trouve à environ 371 mètres (1 217 pieds) d’altitude.
Des habitations à quelques mètres de la piste
Selon des informations recueillies localement, certaines habitations seraient aujourd’hui implantées à environ 15 mètres de la piste d’atterrissage.
Si cette distance est confirmée par un constat ou un relevé officiel, la situation soulève des questions importantes concernant la sécurité aéronautique, l’occupation du domaine aéroportuaire et le contrôle des constructions autour de l’aérodrome.
Qui a autorisé ces constructions ?
Des autorisations d’occupation ont-elles été délivrées ? Des titres fonciers ont-ils été attribués sur ces espaces ? Les terrains concernés font-ils partie du domaine aéroportuaire de la RVA ? Et surtout, quelles mesures ont été prises par les services compétents face à l’installation progressive de ces habitations ?
La RVA doit éclairer l’opinion
Ces interrogations concernent non seulement les occupants, mais également les différents services publics chargés de l’aéronautique, du foncier, du cadastre et de l’aménagement du territoire.
Il revient donc aux autorités compétentes, notamment à la RVA, de préciser les limites officielles du domaine de l’aéroport de Basankusu ainsi que les éventuelles zones de protection et de sécurité applicables autour de la piste.
L’objectif n’est pas de désigner des responsables sans éléments de preuve, mais de comprendre comment des constructions ont pu se développer aussi près d’une infrastructure destinée à l’atterrissage et au décollage des aéronefs.
Agir avant qu’il ne soit trop tard
Cette question prend une importance particulière dans le contexte des préoccupations récentes liées à la sécurité aérienne en RDC, notamment après le crash de Kenge.
C’est maintenant que les autorités de la RVA et les autres services concernés doivent procéder aux vérifications techniques et foncières nécessaires et, le cas échéant, prendre les mesures appropriées pour préserver les espaces indispensables à la sécurité de l’aérodrome.L’enjeu est avant tout préventif : ne pas attendre qu’un incident ou un accident survienne pour rechercher les responsabilités.
Une question simple aux autorités
À Basankusu, les autorités compétentes doivent donc répondre à une question simple :
Qui a autorisé ou laissé construire des habitations à proximité immédiate de la piste de l’aéroport BSU/FZEN, et quelles mesures sont aujourd’hui envisagées pour garantir la sécurité des opérations aériennes ?
Une mission conjointe de la RVA, du Cadastre, des Affaires foncières et des autorités locales permettrait notamment de vérifier les limites du domaine aéroportuaire, la situation juridique des parcelles concernées et la distance exacte séparant les habitations de la piste.
À Basankusu, il vaut mieux prévenir que constater les conséquences d’un drame.
Miroir Politique
243810057621( Rédaction)