Le recours à la COOPEC LISUNGI pour le paiement des agents de l’État dans la province de l’Équateur soulève des interrogations sur les critères de sélection des institutions financières et les modalités de répartition géographique de ces opérations. Élysé Bokumwana Maposo, vice-ministre du Budget et présenté comme le promoteur de cette coopérative, est au centre de questions appelant des éclaircissements au nom de la transparence dans la gestion des finances publiques.
Pourquoi avoir retenu une coopérative d’épargne et de crédit alors que la République démocratique du Congo dispose de plusieurs banques et institutions financières susceptibles d’assurer le paiement des agents publics ? Quels critères techniques, financiers et opérationnels ont guidé cette décision ? Une procédure de mise en concurrence a-t-elle été organisée et les autres établissements ont-ils eu la possibilité de soumettre leurs offres ?
Ces questions méritent des réponses précises, car le paiement des fonctionnaires, des enseignants et des autres agents publics constitue une opération sensible qui exige des garanties financières solides, une organisation efficace et des procédures transparentes.
Le choix de l’Équateur en question
Une autre interrogation porte sur la répartition géographique des opérations. Pour quelles raisons la province de l’Équateur a-t-elle été retenue, alors que d’autres provinces connaissent également des difficultés liées au paiement des agents de l’État ? Quels critères ont permis de déterminer les zones bénéficiaires et les institutions chargées d’y intervenir ?
La question se pose également au sujet de la Mongala, présentée comme la province d’origine d’Élysé Bokumwana Maposo. Selon des informations qui restent à vérifier, des réserves auraient été exprimées dans certains territoires concernant les conditions exigées dans le cadre de ce mécanisme.
Si ces informations sont confirmées, il serait utile de préciser si les mêmes exigences sont appliquées dans toutes les provinces concernées et d’expliquer les éventuelles différences constatées.
La question de la prévention des conflits d’intérêts
Le lien présenté entre Élysé Bokumwana Maposo et la COOPEC LISUNGI soulève également la question de la séparation entre responsabilités publiques et intérêts privés. Le vice-ministre du Budget a-t-il participé, directement ou indirectement, à une décision concernant la sélection de cette coopérative ? Des mécanismes indépendants ont-ils été mis en place pour prévenir toute situation de conflit d’intérêts ?
À ce stade, aucun élément présenté dans les informations disponibles ne permet d’affirmer qu’Élysé Bokumwana aurait utilisé ses fonctions pour favoriser la coopérative. Il demeure toutefois légitime de demander des explications sur les procédures suivies, les responsabilités des différents intervenants et les garanties d’impartialité appliquées lors de la sélection.
La publication des contrats éventuels, des conventions conclues avec les services publics et des documents relatifs aux critères de sélection permettrait de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles la COOPEC LISUNGI a été retenue.
La transparence comme exigence de gouvernance
Au-delà de la personne d’Élysé Bokumwana Maposo, le dossier pose une question plus large de gouvernance publique. Le choix des institutions financières chargées de payer les agents de l’État doit reposer sur des critères objectifs, vérifiables et conformes aux règles applicables.
Les fonctionnaires et les enseignants ont droit à un mécanisme de paiement fiable, accessible et équitable, quel que soit leur lieu d’affectation. Les autorités concernées sont donc invitées à expliquer les raisons du choix de la COOPEC LISUNGI, les modalités de sélection et les critères ayant présidé à la désignation des provinces bénéficiaires.
En définitive, plusieurs points appellent encore des clarifications : les conditions ayant conduit au choix de la COOPEC LISUNGI, les raisons de son intervention dans l’Équateur, les exigences appliquées dans les différentes provinces et le rôle éventuel des responsables publics dans le processus de sélection.
Les réponses à ces questions contribueraient à renforcer la confiance dans la gestion des opérations financières publiques. Dans un dossier touchant directement les revenus des agents de l’État, la transparence et la redevabilité doivent demeurer des exigences essentielles.
Miroir Politique
+243810057621(Rédaction)