Le sénateur Jean-Claude Baende, rapporteur adjoint du Sénat et leaders de l’opposition républicaine, s’est exprimé ce jeudi devant la presse au sujet des débats liés à la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo.
Dans un contexte politique marqué par des divergences et des controverses, le président de l’Alliance des démocrates humanistes (ADH) a appelé à un débat serein et constructif, estimant que les discussions autour de la Constitution ne doivent pas être influencées par des intérêts partisans ou des considérations politiciennes.
Selon lui, la réforme constitutionnelle doit être abordée dans une logique d’intérêt général, en tenant compte des défis actuels du pays, notamment en matière de gouvernance, de stabilité institutionnelle et de développement socio-économique.
Une Constitution appelée à évoluer
Jean-Claude Baende a rappelé que l’adaptation de la Constitution aux réalités du moment n’est ni une nouveauté ni un sujet tabou dans le système juridique congolais.
« Aucune Constitution n’est figée dans le temps. Elle est appelée à évoluer afin de s’adapter aux transformations politiques, économiques, sociales et culturelles de la société », a-t-il déclaré.
Pour lui, la réforme constitutionnelle doit être comprise comme un processus normal d’évolution institutionnelle, et non comme une remise en cause de l’ordre établi.
Trois principales propositions de réforme
Au cours de son intervention, le sénateur a présenté trois axes majeurs de réflexion :
Il propose d’abord la révision de l’article 10 relatif à la nationalité, qu’il juge restrictif et défavorable à une partie de la diaspora congolaise.
Ensuite, il suggère une réflexion sur la dénomination du pays afin de lever les confusions entre les deux États portant le nom Congo. Il évoque à cet effet un éventuel retour à l’appellation Zaïre, qu’il estime plus claire sur le plan institutionnel et identitaire.
Enfin, il plaide pour la révision des articles 104 et 198 de la Constitution, en vue d’instaurer l’élection des sénateurs et des gouverneurs de province au suffrage universel direct au niveau des entités territoriales
Un appel à la responsabilité politique
Le sénateur Baende considère que la réforme constitutionnelle doit être une opportunité de consolidation de la paix, de renforcement de la démocratie et d’amélioration de la gouvernance publique.
Il appelle les acteurs politiques à faire preuve de retenue, en évitant les discours de division, les calculs politiques et les surenchères susceptibles de fragiliser la cohésion nationale, dans un contexte sécuritaire encore marqué par des tensions dans l’Est du pays.
Reconnaissance et recommandations
Abordant la situation globale du pays, Jean-Claude Baende a salué certains efforts du gouvernement, notamment en matière de mobilisation des ressources publiques et d’intégration de la RDC dans les circuits financiers internationaux.
Enfin, il a formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles la ratification des accords de Washington conclus avec les États-Unis, ainsi que le renforcement de la lutte contre la corruption, qu’il considère comme un frein majeur au développement national.
Miroir Politique
+243810057621(Rédaction )